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 - way down we go. (blackinnon)

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phénix, admin
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MessageSujet: - way down we go. (blackinnon)   Jeu 18 Aoû - 20:59

there's nothing in the sky above me, there's nothing strung below us, baby, if we fall. we're caught between a spark and lightning, we're caught between forever and nothing at all.
way down we go

Marlene n’était pas parvenue à fermer l’oeil de toute la nuit. Voilà des heures qu’elle s’était faufilée sous les draps de cotton, dans la noirceur de la petite chambre où elle avait élu domicile depuis quelques mois. Des heures qu’elle en fixait le plafond, les murs, le sol, la fenêtre – cette dernière recouverte par un mince rideau, qui déchiré sur son rebord droit, Marlene avait remarqué. Des heures qu’elle se tournait et retournait, fermant les yeux avec force, suppliant le sommeil de venir. Elle était épuisée, après tout – ça faisait des mois qu’elle n’avait pas bien dormi – donc là n’était pas le problème. Non, le problème c’était les souvenirs qui ne cessaient de venir l’assaillir, les monstres sous le lit qui venait la prendre à la gorge, l’empêchant de respirer, l’empêchant de se reposer. Des nuits comme celle-là en elle vivait constamment. C’était presque devenu une habitude – elle n’arrivait à dormir que lorsqu’elle prenait une potion, ou lorsqu’elle était particulièrement fatiguée – et même là, ses cauchemars l’empêchait de vraiment prendre du repos. Soupirant, Marlene se redressa du petit lit et marcha quelque pas jusqu’à la fenêtre. Tirant doucement le rideau, elle laissa son regard glisser sur l’extérieur. Il faisait nuit noire – il devait être deux ou trois heures du matin. La rue où vivaient les Potter était déserte à cette heure, son asphalte scintillant à la lumière de la lune – il avait plu toute la journée. Marlene avait redouté un orage mais les nuages s’étaient finalement éclaircis vers le coucher du soleil. Les yeux brûlant de fatigue, elle contempla quelques instants la scène comme immobilisée – l’herbe devant la maison, les arbres, les autres résidences autour. Le ciel, couleur d’encre, où trônait une lune presque pleine. Soudainement, le visage de son père, ses yeux dans les siens, alors qu’il s’écroule au milieu du salon – les cris de sa mère, les pleurs des autres. Marlene chassa rapidement l’image, fermant les yeux avec insistance, posant son front contre la vitre froide. Elle avait besoin d’air. Sa gorge était sèche, réalisa-t’elle – un verre d’eau lui ferait peut-être du bien.

Aussi discrète qu’une souris, Marlene enfila un pull, ouvrit la porte de la chambre et commença sa descente jusqu’à la cuisine. La maison de Lily et James était plongée dans le silence – les deux dormaient à poings fermés, sans doute, à cette heure. Marlene parcouru la maison, habituée maintenant à sa disposition. Depuis Noël, elle n’avait pas quitté la maison, incapable de retourner dans son propre appartement. Le parquet craquait légèrement sous ses pieds alors qu’elle arriva dans la cuisine, ouvrant un armoire pour se saisir d’un verre. Il faisait un peu froid dans la maison – heureusement, elle avait enfilé un pull, mais ses pieds nus se refroidissait de plus en plus contre le sol. Un petit Aguamenti remplit son verre jusqu’au rebord, et elle sirota quelques gorgées, savourant le liquide froid dans sa gorge. Soudainement un mouvement dans l’ombre de la pièce la fit sursauter – elle leva sa baguette, instinctive, pour tomber sur le visage familier de Sirius Black.

« Oh, c’est toi. » Laissant tomber un soupir, elle descendit sa baguette. Elle savait que Sirius était resté pour la nuit – mais que faisait-il éveillé ? Elle le regarda quelques secondes, toujours un peu stupéfaite, puis dévia son regard. C’était étrange de le voir sous cette lumière – il semblait presque différent. Étrangement, elle ne ressentit aucune envie de le recevoir avec son hostilité habituelle, ou de lui lancer une quelconque raillerie. Peut-être était-ce la fatigue, ou les cauchemars, ou l’effet de la lune, mais Marlene était presque contente de le voir là, de savoir qu’elle n’était pas seule à ne pas pouvoir dormir – mais elle ne l’avouerait jamais en cent ans, encore moins à lui. « Tu dors pas ? » dit-elle doucement, sa voix calme, sans moquerie ou hostilité. Une question, simplement, car elle ne pouvait s’empêcher d’être curieuse – pourquoi Sirius Black était-il debout à cette heure ? Et elle accueillait n’importe quelle distraction – n’importe quoi pour arrêter d’entendre les cris et les pleurs dans sa tête.
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phénix, admin
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MessageSujet: Re: - way down we go. (blackinnon)   Ven 19 Aoû - 16:35


talking in your sleep
marlene et sirius / When you close your eyes and you go to sleep, And it's down to the sound of a heartbeat, I can hear the things that you're dreaming about When you open up your heart and the truth comes out. – THE CIVIL WARS.

La pluie avait cessé de tomber plusieurs heures auparavant déjà. Pourtant, au fond de l'esprit du Black, le rythme des gouttes tambourinait toujours contre ses tympans. Ce simple son l'avait toujours rassuré — et peut-être était-ce l'une des raisons pour lesquelles il n'avait jamais, au grand jamais, voulu quitter les contrées pluvieuses du Royaume-Uni. À quoi bon aller au soleil si c'était pour vouloir toujours se réfugier à l'ombre et prier pour quelques gouttes rafraîchissantes ? Depuis toujours, la pluie l'avait fasciné. La regarder s'écraser au sol, se laisser bercer par son rythme régulier et ininterrompu. Il avait été le gamin qui sautait à pieds joints dans les flaques d'eau, l'inconscient qui se précipitait dehors sans vêtements chauds ni capuche. Le chien fou qui batifolait, les boucles humides et le visage trempé. En grandissant, il l'avait regardée s'écraser sur les carreaux de Poudlard, l'avait laissée le détremper durant les matchs de Quidditch, lui donnant alors l'impression d'être plus vivant que jamais. Elle l'avait suivi toute sa vie, assombrissant les plus belles journées de sa vie sans pourtant les gâcher. Et pourtant, aujourd'hui, quelque chose avait changé. Aujourd'hui, les ciels orageux ne présageaient plus rien de beau, et rappelaient à tous la grisaille de la période dans laquelle le monde baignait. Et lui regardait la pluie tomber, sans savoir si elle était aussi belle qu'autrefois ; sans savoir si, maintenant qu'il avait grandi, elle conservait son charme et ses attraits d'antan.

Toute la journée, il avait erré. Travaillé sans relâche à tenter d'identifier quelque sorcier passé du côté obscur de la force, écouté ses supérieurs lui grogner dessus et lui rappeler qu'il était désormais une cible de choix. Et il avait continué de n'en faire qu'à sa tête, après un haussement d'épaules nonchalant ; après tout, allait-il vraiment arrêter de vivre juste parce qu'un ou deux cousins lointains affreusement consanguins avaient décidé que sa tête accrochée au-dessus de leur cheminée serait le plus beau des trophées ? Il était pourtant parti plus tôt qu'à l'accoutumée, quittant le ministère seul, non sans jeter fréquemment un regard sur ses talons. Et jusqu'à la fin de la soirée, il avait réglé des petites affaires pour l'Ordre, ne sachant véritablement où il allait bien pouvoir s'arrêter pour dormir. N'ayant aucune envie de demander aux quelques informateurs qu'il était allé voir, préférant s'attarder dans les rues noires que de coucher sur un plancher inconnu pour la nuit.

Lorsqu'il était finalement arrivé chez James et Lily, complètement trempé et se souciant fort peu des risques qu'il avait d'attraper froid, la porte s'était ouverte aussi grand qu'à l'ordinaire pour le laisser entrer. Les Potter étaient sur l'heure du coucher, mais James était resté un peu éveillé pour recueillir les nouvelles de la fin de journée. Lorsqu'il s'était finalement retiré, le Black était resté seul avec ses pensées — à peine au sec malgré les fringues de rechange prêtées par James, les cheveux toujours humides et fous. Il avait éteint la lumière rapidement, s'allongeant dans le noir, regardant le plafond à peine éclairé par les lampadaires dont la lumière filtrait par les fenêtres du salon. De tous les lits qu'il occupait ces derniers temps, le canapé des Potter était de loin son préféré. Le calme et la tranquillité de la maison lui rappelaient les dernières années qu'il avait passées chez les parents de James, avant que celui-ci n'emménage avec Lily. Il savait que cette dernière n'avait, au début, pas été des plus ravies de devoir l'héberger quasi continuellement. Aussi s'était-il fait plus rare dans les parages, se contentant d'occasionnelles visites, trouvant par-ci par-là quelques petits logements à occuper. Avec le temps, Lily s'était habituée, montrée bien plus réceptive, et presque aussi heureuse que James de pouvoir l'héberger lorsque l'occasion se présentait. Ces dernières mois, les opportunités étaient devenus des besoins, qui s'étaient multipliés bien davantage que ce que tous n'auraient pu imaginer. Pourtant, malgré la disponibilité permanente des époux Potter, le Black ne pouvait s'empêcher de prendre parfois ses distances, et de continuer de loger autant chez eux qu'ailleurs. S'il y avait bien une chose qu'il ne voulait pas et qu'il ne se serait jamais pardonnée, c'était leur attirer des ennuis.

Il avait passé de bien trop longues minutes — ou peut-être heures — à se retourner, espérant secrètement que la pluie se remettrait à tomber pour venir l'aider à calmer le flot ininterrompu de ses pensées et l'insomnie qui l'accompagnait. La pluie n'avait pas repris, mais il s'était finalement endormi, une petite heure à peine auparavant. Ce fut un craquement en provenance de la cuisine qui le tira du sommeil léger dans lequel il s'était récemment enfoncé, lui faisant tendre l'oreille. Il n'avait pas la moindre idée de celui ou de celle qui avait pu le causer — mais les possibilités n'étaient, au bout du compte, pas si nombreuses. Il repoussa la couverture que Lily lui avait sortie, se levant sans grand bruit. Simplement vêtu d'un caleçon et d'un t-shirt de James, il s'avança vers la cuisine, se faufilant dans l'ombre. Il ne mit pas longtemps à reconnaître la silhouette familière de Marlene, debout là, un pull sur les épaules et les yeux gonflés d'une fatigue qui, visiblement, semblait pourtant fuir son esprit. Lorsqu'elle l'aperçut, elle leva immédiatement sa baguette vers lui, provoquant un geste instinctif de la part du Black, qui leva légèrement les mains en signe d'innocence. Elle se calma bien rapidement, après une constatation simple sur son identité, qui lui tira un sourire léger. Ouais. C'est moi. Lorsqu'elle dévia finalement les yeux, il se décida à bouger, s'appuyant au comptoir, un peu plus loin, sans cesser de la regarder. « Pour tout t'avouer... Si. » Et de se pencher doucement dans sa direction, l'expression de la confidence sur les traits, chuchotant doucement. « I'm sleepwalking. »

Lentement, il se redressa, se décollant du comptoir. Comme chaque fois qu'il se trouvait en présence d'un réfrigérateur, il sentit l'ombre d'une faim le gagner — à moins que ce ne fût de la pure gourmandise. Avant même d'ouvrir la porte blanche, il remarqua des gâteaux sagement disposés sous une cloche de verre, un peu plus loin. Sans hésiter, il s'en approcha, en saisissant un. « Et toi alors. Insomnie ? » Il croqua à belles dents dans le muffin, la dévisageant quelques instants. « Ça fait combien d'temps que t'as pas dormi ? Passé une vraie nuit, j'veux dire. » La moquerie habituelle qui peignait ses traits lorsqu'il s'adressait à elle avait complètement disparu. À croire que dans l'obscurité du terrain neutre qu'était la maison des Potter, à une heure aussi avancée, l'animosité avait décidé de garder son nez caché. Et à la vérité, il était bien le dernier qui, à cet instant, aurait eu l'idée de s'en plaindre.

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phénix, admin
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MessageSujet: Re: - way down we go. (blackinnon)   Sam 20 Aoû - 1:09

there's nothing in the sky above me, there's nothing strung below us, baby, if we fall. we're caught between a spark and lightning, we're caught between forever and nothing at all.
way down we go

Marlene n’avait pas été capable de se concentrer de la journée. Assise à son bureau au Ministère, elle avait regardé les heures passées avec une lassitude qui ne lui ressemblait pas du tout – c’était un de ces jours où tout lui était particulièrement difficile. Ils étaient de moins en moins nombreux, ces jours-là, alors que le temps passait depuis cet horrible jour de Noël, mais ils arrivaient tout de même de temps à autre. Rien de surprenant, alors, qu’elle n’avait pas pu fermer l’oeil une fois calée sous les couvertures. Elle était rentrée tôt et avait aidé Lily à préparer le repas – le moins qu’elle puisse faire en échange de leur hospitalité. Elle savait qu’elle ne dérangeait pas Lily et James, qu’ils étaient bien plus heureux de la savoir avec eux, en sécurité, que seule dans son appartement, mais alors que les quelques jours s’étiraient en quelques mois, et maintenant en plusieurs, Marlene ne pouvait s’empêcher de commencer à ressentir une pointe de culpabilité. Sans doute le temps était venu pour elle de rentrer. Mais dire une chose était toujours plus facile que la faire – et trouver le courage de retourner à son appartement lui semblait être une tâche insurmontable. Il lui semblait qu’elle serait davantage prête à affronter le Seigneur des Ténèbres en personne plutôt que de devoir dormir seule chez elle.

Voilà pourquoi c’était étrangement rassurant de se retrouver dans la cuisine des Potter en pleine nuit en compagnie de Sirius. Il n’aurait sans doute pas été son premier choix, mais au moins elle n’était pas seule – et elle savait que malgré tout ce qu’elle lui reprochait, Sirius avait le talent de lui faire changer les idées. Elle ne pouvait s’empêcher d’observer ses boucles sombres, folles autour de sa tête – elle songea si ça lui arrivait de se peigner, fortement amusée malgré elle. La réponse de Sirius à sa question lui fit rouler des yeux – évidemment qu’il allait lui répondre une bêtise du genre, quoiqu’elle l’avait sans doute un peu cherchée. Il s’agissait de Sirius Black, après tout. Secouant la tête, Marlene décida ne pas rappliquer et l’observa plutôt faire son chemin vers une cloche de verre où étaient disposés quelques muffins – rien de bien surprenant non plus. Ce type était soit horriblement prévisible, soit elle avait appris à le connaître mieux qu’elle ne l’aimerait l’admettre. Car s’ils s’étaient côtoyés pendant ces septs années passées à Poudlard, il n’était pas rare que Sirius rende visite à son meilleur ami et sa femme, et qu’il, tout comme elle le faisait, décide de dormir sous leur toit. Quoiqu’elle fasse, la vie semblait toujours la ramener aux alentours de Sirius Black, de ses boucles emmêlés, de ses railleries, et de sa faim insatiable. « Et toi alors. Insomnie ? » Elle acquiesça simplement à sa question, l’observant dévorer le muffin entre ses doigts. Elle savait ses yeux posés sur elle – elle aurait aimé lui rendre son regard, mais pour une raison qu’elle n’arrivait pas à comprendre elle en était incapable. Son regard était soudainement fuyant, glissant de son verre d’eau au sol, passant par le comptoir et par le pauvre muffin dont il ne restait déjà plus grand chose. « Ça fait combien d’temps que t’as pas dormi ? Passé une vraie nuit, j’veux dire. » Les yeux de Marlene croisèrent ceux de Sirius l’espace d’un instant. Il n’y avait rien eu de moqueur dans sa voix, rien qui laissait indiquer qu’il lui demandait pour autre chose que par curiosité ou sympathie. C’était un sentiment étrange – Marlene ne se souvenait pas avoir déjà eu une conversation sérieuse avec Sirius.

Elle haussa les épaules, ses yeux s’attardant sur son verre d’eau à moitié vide. « Je sais plus. » C’était une réponse brutalement honnête, mais également la vérité. Et Marlene n’était que très peu d’humeur pour mentir ou jouer la comédie – il lui avait demandé, elle serait sincère. « Depuis Noël, probablement. » Ça lui faisait mal de même prononcer ce mot – les souvenirs revinrent en un violent tsunami, lui faisant fermer les yeux un instant, comme si elle avait peur d’en perdre l’équilibre. Respirant profondément, elle tapota nerveusement son verre du doigt, laissant ses yeux dévier sur Sirius – qui se tenait toujours là, étrangement. Elle désigna la cloche de verre du doigt, où reposaient les muffins de Lily. « Tu m’en passes un, ou tu comptes tous les manger ? » demanda-t'elle avec une petite pointe d'amusement.  
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phénix, admin
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MessageSujet: Re: - way down we go. (blackinnon)   Sam 20 Aoû - 2:51


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Il était certaines circonstances où l'ironie et les mots d'esprits pouvaient s'avérer pour le moins inapproprié — et cela, Sirius Black le savait. Le fait avait simplement toujours été que, même dans ce genre de cas, il n'était pas capable de s'en empêcher. Sa lucidité lui dictait les moments où il aurait mieux valu se taire, quand son esprit, lui, choisissait simplement de faire s'échapper les mots d'entre ses lèvres, avec toute l'insolente légèreté dont il pouvait bien souvent être capable. Pourtant, lorsqu'il avait répondu à Marlene, à cet instant précis, il n'y avait pas eu, dans sa voix ni dans ses mots, la moindre ombre de ce désir de la chercher qui, d'ordinaire, était son absolue priorité. Il n'y avait eu que la simplicité, le petit commentaire qu'il ne pouvait pas empêcher de prononcer, mais qui était ce qu'il était : une banale signature de ce défaut qui le suivait depuis de trop longues années. Une signature qui, somme toute, ne l'empêchait absolument pas de rebondir et de donner par la suite à la conversation un ton des plus sereins et des plus sérieux.

Et elle ne lui répondit pas, la jolie brune. Elle se contenta de baisser le nez vers son eau, de promener son regard un peu partout autour d'elle — sauf sur lui. S'il le remarqua, il ne fit cependant aucune remarque à ce sujet, se contentant de s'emparer d'un muffin posé là, et de commencer à le grignoter. Les questions qui firent surface n'eurent pas de réponse immédiate, elles non plus. À l'insomnie, elle hocha brièvement la tête, confirmant ce dont il était déjà persuadé : la nuit n'était pas, pour elle, un moment de sérénité. Pour lui non plus, et sûrement aurait-il pu prétendre la comprendre un tantinet sur le sujet. Pourtant, l'idée de le prétendre ne lui passa même pas par la tête. Comment aurait-il pu comprendre le cauchemar qu'elle avait vécu, plus de neuf mois auparavant ? Comment aurait-il réellement pu savoir ce qu'elle ressentait, chaque fois que la nuit tombait et que les ténèbres ramenaient avec eux les monstres et les fantômes qu'elle souhaitait sûrement plus que tout oublier ? Alors il se taisait, le Black, se contentant de lui tenir compagnie dans cette cuisine trop sombre et trop vide. Pas la peine d'allumer la lumière, pas la peine de prendre le risque de réveiller James et Lily ; il lui semblait que les choses étaient posées d'une manière qui leur convenait à tous les deux. Le cas échéant, il avait une absolue confiance en la McKinnon pour lui faire remarquer ce qui ne lui plaisait pas, et lui demander de lui foutre la paix si telle était réellement son envie.

Il avait presque fini le muffin, pinçant les petites miettes tombées çà et là sur le comptoir, les amenant à ses lèvres avec une intense concentration. Il avait détourné les yeux lorsqu'il l'avait finalement entendu répondre, avec toute l'honnêteté qu'elle possédait. C'était cartes sur table — et plus que jamais, il l'appréciait. Il ne s'était pas levé pour se battre, ne s'était pas levé pour l'ennuyer. Il s'était simplement déplacé pour être dans l'ombre à ses côtés — pour qu'elle ne soit pas seule, face aux démons qui l'assaillaient. Malgré les remarques et les airs profondément nonchalants, cela restait son absolue priorité. Mais alors qu'elle laissait tomber l'écrasante vérité, il sentait l'impuissance le gagner, et le désir de ne pas remuer le couteau dans la plaie poindre au creux de son coeur. Rebondir directement aurait été l'enfoncer. Rendre encore plus pénibles des souvenirs qui n'avaient pas besoin de cela pour être à vif, plaies béantes qu'elle était bien incapable de voir se refermer. Comment la blâmer ? Chaque nuit qui passait était une nuit de plus à devoir accuser l'atroce vérité. Le temps n'effaçait pas si facilement les blessures — et il en était certaines face auquel même le temps pouvait, parfois, rester complètement impuissant.

Il souleva la cloche de verre, attrapant deux muffins avant de la remettre en place. « D'accord, mais juste un. Je suis sûr que tu as déjà dû manger ta part pour le dessert. » Et il lui en lance un, sans se soucier de si elle avait envie de l'attraper ou non. Mordant dans le second dont il s'était emparé, il ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel avec un grognement de satisfaction, et un battement de paupières d'extase. « Damn, cette fille est une déesse des muffins. » Et si personne ne le retenait, il risquait fort de finir tous ceux qui se tenaient encore cachés sous la cloche de verre, et qui ne semblaient attendre que lui pour être dévorés. Peut-être en laisserait-il juste deux, pour Harry, le lendemain matin. « Je sais que t'as pas envie d'en parler. Mais... » On n'en a jamais parlé. Et ça m'apparaît qu'c'est maintenant ou jamais. Il fronça les sourcils, concentré sur son muffin et sur la petite feuille l'entourant, qu'il essayait d'enlever soigneusement. « J'aurais tout donné pour arriver plus tôt. » Sa tâche n'est pas complétée, mais ses yeux se posent tout de même sur elle, l'espace d'une seconde. Un silence léger, mesuré. Et finalement, il referme sa parenthèse sur le sujet, aussi rapidement qu'il n'avait pu l'amener. « J'espère juste que tu l'sais. »

Son attention retourne au muffin entre ses mains, alors qu'il sent quelque chose se serrer, au fond de lui. Il se savait en train de remuer des plaies dont elle n'avait sûrement aucune envie de parler. Savait que, selon toute vraisemblance, il venait de lui faire bien plus de mal que de bien. Mais en neuf mois de confrontations et de silences, jamais il n'avait eu l'occasion de formuler ce simple regret qui, pourtant, hantait chez lui aussi chacune de ses misérables nuits.

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phénix, admin
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MessageSujet: Re: - way down we go. (blackinnon)   Mar 23 Aoû - 23:24

there's nothing in the sky above me, there's nothing strung below us, baby, if we fall. we're caught between a spark and lightning, we're caught between forever and nothing at all.
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« D’accord, mais juste un. Je suis sûre que tu as déjà dû manger ta part pour le dessert. » Marlene tendit la main juste à temps pour attraper le muffin que Sirius venait de lui lancer sans crier gare – heureusement, elle possédait d’excellents réflexes. Jouer au Quidditch ne signifiait pas juste être habile sur un balai. Souriant malgré elle aux paroles de Sirius, elle l’observa tandis qu’il mordait à pleine dents dans son deuxième petit gâteau, clairement en extase alors que ses papilles gustatives entraient en contact avec le talent unique de Lily en pâtisserie. Une déesse des muffins, pour reprendre les mots de Sirius – le sourire de Marlene s’étira un peu plus sur son visage, même qu’un petit rire s’échappa de sa gorge – un son qui la surprit mais qui lui fit le plus grand bien. Baissant les yeux sur son propre muffin, elle en retira délicatement le petit papier avant d’y plonger les dents. Bleuets. Le goût sucré des fruits fit danser ses papilles, et elle ne put s’empêcher d’acquiescer alors qu’elle mâchait, joignant Sirius dans sa dégustation nocturne. C’était étrange, l’effet de la lune – c’était comme si elle était une toute autre personne, et que Sirius n’était pas vraiment Sirius. C’était stupide, elle en était consciente, car c’était bien elle qui se tenait là, avec ses shorts de pyjama à l’effigie de vif d’ors, et c’était bien Sirius qui se tenait quelques pas plus loin avec ses cheveux en bataille, mais elle n’arrivait pas à se débarrasser de son sentiment. Elle ne savait pas si c’était la fatigue qui lui donnait cette impression, mais quelque chose était bel et bien différent alors qu’ils mangeaient tous les deux un muffin aux bleuets dans la cuisine des Potter, en paix, sans tension ou animosité soutenant leur conversation. Ça n’avait vraiment rien d’habituel entre les deux, et pourtant c’était naturel.

« Je sais que t’as pas envie d’en parler. Mais… » Les yeux de Marlene quittèrent son muffin à moitié mangé pour se poser sur Sirius. Elle aurait du se douter qu’il ne lâcherait pas l’affaire – si elle n’avait pas voulu en parler, elle aurait juste du ne pas le mentionner. C’était inévitable que Sirius rappliquerait, elle aurait du le savoir. Mais elle l’observa alors qu’il hésitait, le suppliant presque de s’arrêter là où il avait commencé. Alors pourrait-elle simplement lui dire bonne nuit, et pourrait-elle retourner dans sa petite chambre à l’étage et tenter d’affronter seule les cauchemars. La sorcière s’était tendue de tout son long dans la cuisine des Potter, attendant la suite des choses, redoutant chaque souffle pris, chaque seconde passant. Elle le suppliait silencieusement, ne dis rien, n’ajoute rien. Car elle était descendue pour échapper aux cris et aux pleurs, et elle savait que peu importe ce que dirait Sirius elle y replongerait tête première. Et pourtant elle ne parvenait pas à ouvrir la bouche pour l’arrêter. Paralysée, effrayée comme une gamine, elle attendait. S’il-te-plaît, ne me dis pas que tu es désolé. Elle avait entendu ça de tout le monde – absolument tout le monde. Elle ne le voulait pas de Sirius. « J’aurais tout donné pour arriver plus tôt. » Son souffle se coupa dans sa gorge, alors que son regard continuait de se vriller sur le sorcier en face d’elle. Elle avait l’impression qu’on venait de la gifler – elle ne s’était pas du tout attendue à ça. Elle n’était même pas certaine d’avoir bien entendu. Puis les yeux de Sirius se posèrent dans les siens, juste l’espace d’un battement de coeur, et elle réalisa que c’était bien vrai, qu’il venait bien de lui dire ça. « J’espère juste que tu l’sais. »

Son souffle lui revint et s’échappa doucement de ses lèvres, tremblotant. Il fallait qu’elle reste calme – elle tenta de rester composée, bien qu’elle avait soudainement envie de fondre en larmes. Reconnaissante qu’il ait dérivé son regard ailleurs, Marlene s’autorisa à fermer les yeux, férocement, pour tenter de chasser toutes les émotions qui lui montèrent à la gorge. Elle aurait pu pleurer, crier, le frapper même. Mais elle resta immobile dans la cuisine sombre, son coeur comme resserré autour d’un élastique qui menaçait de se briser. Elle n’avait pas envie de répondre à ça – pas du tout. Et pourtant elle ne put empêcher de ses lèvres de bouger, sa voix de s’échapper. « Sirius… » Ça n’avait été qu’un murmure étranglé, un soupir désespéré. Mais c’était trop tard pour revenir en arrière – les démons étaient apparus dans la noirceur, et maintenant il ne restait plus qu’à les affronter. Prenant un très long soupir, Marlene tourna sur ses talons, faisant face à la petite fenêtre qui donnait lieu sur la cour plongée dans la noirceur. Elle pouvait voir le petit balai de Harry, posé sur l’herbe. « Tu sais, juste après que tout se soit passé, y’a des jours où j’me disais que… que j’aurais peut-être du mourir ce jour-là, moi aussi. » Elle n’avait aucune idée pourquoi elle lui racontait ça – pourquoi de tout le monde, c’était à Sirius qu’elle avouait cette horrible pensée qui avait hanté plus d’une de ses nuits. Et pourtant elle le faisait, comme ça, sans y réfléchir. « Que ça ne faisait aucun sens que je sois encore en vie alors qu’eux l'étaient plus. Que c'était juste pas… correct. Et ça m'arrive encore de le penser, parfois. » Marlene en oubliait presque la présence de Sirius – ses mots coulaient comme de l’eau, honnêtes et brutaux. « Et puis après j'me dis que… j’suis toujours en vie, et que j'dois en faire quelque chose. Pour eux. Peut-être pour faire en sorte que tout ce qui s’est passé veuille dire quelque chose. Qu’ils soient pas morts pour rien. J’me dis que j’suis là, alors je vais bien m'assurer qu'ils soient vengés. Faire payer ceux qui ont fait ça. Que ça doit être pour ça, que j’suis pas morte moi aussi. Pour pouvoir continuer d'me battre. » Son regard était toujours plongé dans la noirceur dehors, ses doigts se percutant les uns contre les autres. « Et quand j'réalise ça, j'suis bien heureuse d’être en vie. »

Prenant une autre longue inspiration, Marlene se tourna finalement vers Sirius, son regard déterminé mais loin d’être insistant. Timide, presque, quoique décidé. « Et si t'avais pas été là, j'le serais pas. Tu m’as sauvé la vie. » Elle n’était pas certaine de l’avoir déjà dit à voix haute – même si elle en avait été parfaitement consciente pendant ces longs mois. Sa vie, elle la devait à Sirius. Et c’était une dette effrayante. « Alors c'que j'essaie te dire, c'est... » Elle inspira profondément. « Merci. Ça fait longtemps que j'aurais du t'le dire. »
 
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phénix, admin
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MessageSujet: Re: - way down we go. (blackinnon)   Mer 24 Aoû - 3:07


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marlene et sirius / When you close your eyes and you go to sleep, And it's down to the sound of a heartbeat, I can hear the things that you're dreaming about When you open up your heart and the truth comes out. – THE CIVIL WARS.

Avant même d'ouvrir la bouche, il avait su qu'aborder ce sujet n'était peut-être pas la meilleure des idées. Elle s'était levée pour une raison — et cette raison, il se doutait qu'elle n'avait pas envie d'en entendre parler. Pourtant, tout incorrigible qu'il était, le Black n'avait pu s'empêcher de parler. Le coeur désespérément lourd de ces images qu'il portait depuis bientôt un an déjà, et dont il avait rêvé trop de fois pour être capable de les compter. Il aurait voulu lui dire, aurait voulu lui expliquer — mais que dire, exactement ? Elle avait ses propres cauchemars pour l'occuper, ses propres horreurs à porter. Il avait vu le résultat quand elle avait vu son atroce et inoubliable préparation, et pour rien au monde il n'aurait voulu se plaindre à elle d'une simple image — elle qui ne devait être capable que de revivre le film. Pourtant, il était une chose qu'il pouvait exprimer : le regret. Un regret qui le bouffait, jour après jour, minute après minute, seconde après seconde. Le regret de n'être arrivé que pour la sauver elle, et de n'avoir pu entraîner personne d'autre dans leur sillage. Le regret de n'avoir vu les corps qu'alors que la vie les avait quittés, et de ne rien avoir pu faire pour l'empêcher. Bien sûr, ce regret s'accompagnait toujours du rappel de la fatalité : il n'était rien qu'il aurait pu accomplir de plus ce jour-là, qui aurait permis de les sauver. C'était par le plus grand des hasards qu'il avait entendu le nom de Kyle, qui l'avait associé à l'homme que Marlene avait fréquenté. Par pur instinct qu'il s'était rendu chez lui pour vérifier que tout allait bien. Et lorsque le mourant avait balbutié que la McKinnon était en danger, et passait Noël chez sa famille, il l'avait laissé pour immédiatement accourir. À aucun moment il n'avait perdu de temps — même pas pour s'acheter à manger en chemin vers chez Kyle, ou pour refaire son lacet. Lorsque l'information lui était parvenue, les dés étaient déjà joués, le destin scellé. La seule chose que sa vivacité d'esprit et son empressement avaient permis de faire, c'était de la sauver, elle. Et cela, il ne pouvait le regretter. Sans doute ne le pourrait-il jamais. Ce jour-là, rien n'était arrivé comme il l'aurait espéré. Mais au fond, tout était peut-être arrivé pour le mieux. Elle, au moins, avait pu être sauvée.

Et voilà qu'elle se tenait dans cette cuisine, tapie dans l'obscurité comme une bête blessée. Toute trace du minuscule sourire qu'elle lui avait servi un peu plus tôt envolée. Et le rire encore plus frêle, lui, en était presque oublié. Le moindre des muscles de son corps semblait s'être tendu lorsqu'il avait ouvert la bouche. Mais elle n'avait pas explosé — elle avait tenu le coup, aussi forte qu'à l'ordinaire. Jusqu'au moment où elle s'était éloignée, se tournant vers la fenêtre pour regarder à l'extérieur. Jusqu'au moment où il avait entendu son nom, prononcé à mi-voix, et bloquant soudainement tout son organisme, en même temps que ses pensées. Il mit un certain temps avant d'avaler sa bouchée déjà mastiquée, cessant sa dégustation nocturne. Et il ne pouvait que regarder cette nuque, à demi découverte depuis peu par le carré court qu'elle avait décidé de porter. Il ne pouvait qu'écouter cette voix, triste et douloureuse, lui dévoiler des mots qu'il n'avait pas voulu provoquer, lui raconter des histoires qu'il aurait préféré ne jamais avoir à entendre venant d'elle. Et le revirement qu'il espérait se produisit finalement. Il s'autorisa à respirer à nouveau, posant le muffin à demi mangé sur le comptoir, ne pouvant s'empêcher de bouger, sans la quitter des yeux un seul instant. Une part de lui, à cet instant précis, mourrait d'envie de franchir la distance qui les séparait. De la toucher, de l'envelopper de ses bras — de la serrer. Pourtant, rien ne vint. Il se contenta de l'observer alors qu'elle se retournait, et calait timidement son regard dans le sien. Et il sentit ses sourcils se froncer légèrement, alors qu'elle énonçait une vérité à laquelle il n'avait pas réellement pensé depuis bien longtemps. Tu m'as sauvé la vie.

Tu m'as sauvé la vie.
Il a l'impression d'entendre les mots en écho, encore et encore, alors qu'elle continue pourtant de parler. Et il reste figé, ne sachant quel comportement adopter. Ne sachant s'il devait parler, ou simplement hocher la tête et s'en aller. S'il devait s'en montrer modeste, s'en vanter ou se justifier de ses actes. Rien de tout ça ne se fit, alors qu'elle enchaînait. Et lorsque le remerciement sortit, il garda ses yeux vrillés dans les siens, sans le moindre sourire suspendu aux lèvres. Plus sérieux que jamais, accusant chaque mot qu'elle venait de lui porter, aussi assuré qu'un coup dans le coin du nez. La part de lui qui souhaitait l'enlacer ne l'avait alors jamais autant désiré — et pourtant, impossible de franchir la faible distance qui l'en séparait. Au lieu de ça, un faux rictus étira une commissure de ses lèvres, pâle et dénué du moindre sourire. Les mots le touchaient, et il était inutile de le nier. Mais tout cela, il ne l'avait jamais réclamé. Il avait juste fait ce qu'il avait à faire, sans se poser de questions ni tergiverser. N'importe qui en aurait fait autrement, espérait-il. La cruauté du contraire aurait été atterrante. « Mais t'as pas à l'faire. » Pas à m'le dire, pas à laisser tout ça remonter à la surface et te blesser, ce soir encore. Ses yeux se plissent brièvement. Son visage est redevenu impassible, alors que ses prunelles refusent de lâcher celles de Marlene. « J'ai choisi c'que j'ai fait. » Il laisse flotter une seconde, alors que les souvenirs lui reviennent. Et il voudrait se taire, le Black — mais la nuit semble le calmer et lui délier la langue, autant qu'elle n'a pu apaiser celle de Marlene. « Ton ex, Kyle... J'ai choisi de le laisser derrière pour aller t'chercher. Il est mort de ses blessures, alors que j'aurais p't-être pu l'empêcher. » Les plaies qui se rouvrent, le syndrome du héros qui revient bouffer l'âme à coup d'erreurs passées. D'erreurs que, pourtant, il n'arrivait pas à regretter. « C'est lui qu'tu devrais remercier. D'avoir tenu le coup, jusqu'à c'que j'arrive, et d'pas m'avoir demandé d'le sauver. »

Ses sourcils se froncèrent légèrement, sous le coup de la douleur des souvenirs, qu'il ne pouvait entièrement dissimuler. Il garda le silence quelques instants, avant de secouer la tête. Reprenant du début, de ce merci auquel il ne s'était pas du tout attendu. « Moi, j'referais tout ça demain sans hésiter. Alors garde tes remerciements pour le jour où on aura eu ta vengeance. Ça voudra dire que j'aurai vraiment réussi à t'garder en vie. » Ça veut dire que ce jour-là, on aura retrouvé ces crapules-là. Qu'ils auront eu ce qu'ils méritaient, et que je t'aurais définitivement sauvée.

Parce que ta vengeance, j'te jure que tu l'auras. Et compte pas sur moi pour rester derrière quand ça arrivera.

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MessageSujet: Re: - way down we go. (blackinnon)   Mer 24 Aoû - 23:55

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way down we go

C’était Sirius qui lui avait sauvé la vie. Elle n’en parlait jamais à quiconque, mais Marlene était loin de l’avoir oublié. S’il n’avait pas été là, elle serait morte, c’était aussi simple que cela. Il n’y avait pas d’autres possibilités, pas d’autres scénarios – elle serait morte, tombée avec le reste de sa famille. Le massacre des Mangemorts aurait été complet, sans faille, sans manque. Ça avait bien failli – elle se souvenait de la baguette de Travers à moins de quelques pouces de son visage, le sortilège au bout de ses lèvres. À cet instant là elle avait été trop fatiguée, trop usée, trop détruite pour faire quoi que ce soit. Elle l’avait simplement regardé dans les yeux et elle avait attendu. Ça lui avait paru durer une éternité – puis Sirius était apparu, et le sortilège n’avait jamais été prononcé. À quelque part, elle attendait encore, debout dans la cuisine des Potter, la gorge serrée de toutes les confessions qu’elle venait de faire. Toute sa vie elle avait vu Sirius d’une manière, avait pensé à lui d’une manière – et en l’espace de quelques secondes, il était devenu celui auquel elle devait sa vie. C’était un changement brusque et étourdissant, auquel elle avait encore du mal à s’habituer. Mais c’était la stricte vérité, et il était plus que temps qu’elle avoue la dette qu’elle avait envers lui à voix haute. Qu’il sache que malgré tout, malgré les remarques et l’attitude, elle était en vie à cause de lui et qu’elle lui était reconnaissante. Maintenant que c’était sur la table, Marlene se sentait soulagée, tout en ressentant un profond malaise. Car une partie d’elle ne pouvait oublier que c’était à Sirius qu’elle s’adressait, et que de s’avouer vulnérable devant lui avait toujours été une chose qu’elle n’aurait faite que sous menace de mort, et même encore là. Et voilà qu’elle venait de lui avouer tout ça, et qu’elle l’avait remerciée. Mais ils n’étaient plus des adolescents et leurs vies ne consistaient plus en des dissertations d’Histoire de la Magie et du prochain match de Quidditch. Ils avaient grandis, et la guerre sévissait dans le monde des sorciers. Plus rien n’était pareil, elle n’était plus pareille. Ce qui s’était passé avait profondément brisé quelque chose en elle, et malgré tous ses efforts elle ne pourrait plus jamais être l’adolescente qui insultait Sirius Black à tour de bras dans les couloirs de Poudlard. Il lui avait sauvé la vie, telle était la vérité.

« Mais t’as pas à l’faire. » La voix de Sirius monta dans le silence et elle leva des yeux interrogateurs vers lui. « Quoi ? » Un étranglement, un murmure. Elle n’était pas certaine qu’il l’ait même entendu. Elle avait envie de rétorquer, scandalisée, mais quelque chose dans son visage l’en empêcha. « J’ai choisi c’que j’ai fait. » Ça semble être son tour de se laisser emporter par la douceur de la nuit. Alors Marlene se tu, pour une fois, et le laissa parler, tentant vainement d’ignorer les battements frénétiques de son coeur et le léger tremblement de ses mains. Elle les lia ensemble, serrées, ses jointures se cognant les unes contre les autres. « Ton ex, Kyle… » Le nom la fit presque sursauter. Ça, c’était bien une chose à laquelle elle ne voulait pas penser. « J’ai choisi de le laisser derrière pour aller t’chercher. Il est mort de ses blessures alors que j’aurais p’t-être pu l’empêcher. » Marlene ne put s’empêcher de brièvement fermer les yeux, de laisser un souffle s’échapper de ses lèvres. Kyle. Elle n’avait jamais réussi à l’aimer et voilà qu’il était mort. Un poids lourd sur des épaules déjà affaissées. « C’est lui qu’tu devrais remercier. D’avoir tenu le coup, jusqu’à c’que j’arrive, et d’pas m’avoir demandé d’le sauver. » La mâchoire de Marlene se serrer. Elle savait qu’il avait raison – elle devait la vie à Sirius autant qu’elle la devait à Kyle, qui avait soufflé dans ses derniers souffles l’information nécessaire à son sauvetage. Sans lui, non plus, elle ne serait plus là. Mais Kyle n’était plus là – elle l’avait pleurée. Sirius, lui, l’était toujours, avec elle. Il était devant elle – et ça rendait les choses différentes. C’était bien différent de devoir sa vie à un disparu, que de devoir sa vie à celui qui nous fait face tous les jours. Du moins ça l’était pour elle. Il avait raison, mais ça ne rendait pas les actions de Sirius moins valides, ou moins importantes.

« Moi, j’referais tout ça demain sans hésiter. Alors garde tes remerciements pour la jour où on aura eu ta vengeance. Ça voudra dire que j’aurai vraiment réussi à t’garder en vie. » « Bon sang, Sirius. » La réponse avait fusé de ses lèvres avant même qu’elle ait pu la retenir – les vieilles habitudes ne se perdaient pas. Soupirant doucement, Marlene passa une main dans ses cheveux nouvellement coupés – ça lui faisait toujours bizarre de sentir sa nuque, après tant d’années avec les cheveux longs. « J’veux dire… T’as déjà tellement fait. Tu peux pas prendre le poids du monde sur tes épaules. » Elle avait de la difficulté, maintenant, à dire ce qu’elle voulait dire – les mots s’emmêlaient sur ses lèvres. « Je sais ce que Kyle a fait. Crois-moi, j’y pense tous les jours. » Elle s’arrêta l’espace de quelques secondes, reprenant ses esprits, calant ses pieds dans le sol. Si elle avait continué, sa voix aurait craquée, elle ne était certaine. « Mais ça change rien à ce que j’ai dit. Si j’te l’ai dit c’est que j’le pense, et… et que j’veux t’le dire. C’est important pour moi. Alors accepte-le, dis ‘de rien’, et c'est tout. » Son ton avait peut-être été plus ferme qu’elle ne l’aurait voulu – mais pourquoi Sirius ne pouvait-il pas simplement accepter ses remerciements ? Elle ne voulait rien d’autre de sa part, il ne lui devait absolument rien – c’était elle qui lui devait quelque chose, qui lui devait absolument tout. Et elle ne savait pas du tout comment le lui repayer – mais le remercier semblait un bon endroit où commencer. Elle avait finalement réussi à piler sur son orgueil, à l’oublier le temps de quelques instants honnêtes avec lui – et voilà que ça lui revenait en plein nez. Soupirant, Marlene demeura tout de même posée, sa voix calme, quoique déterminée, résonnant dans la pénombre. « Si tu acceptes tes choix alors respecte les miens. Laisse moi te remercier. »
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MessageSujet: Re: - way down we go. (blackinnon)   Mar 6 Sep - 0:14


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À mesure qu'il parlait, évitant à la fois inconsciemment et délibérément le terrain sur lequel elle avait voulu l'emmener, il sentait la silhouette de la jeune femme face à lui se tendre un peu plus. Elle allait craquer ; ce n'était qu'une question de secondes et il le savait. Il n'aurait pas dû essayer d'esquiver chaque mot droit et sincère d'une pirouette. Pas dû tenter de faire comme si de rien n'était, et de relativiser quelque chose qu'il savait être bien plus important à leurs yeux qu'ils ne l'auraient jamais pensé. Si un jour on lui avait dit qu'un lien si fort l'unirait à Marlene McKinnon, pour un simple geste accompli, sûrement n'en aurait-il rien cru. Cette fille le détestait depuis le premier regard — autant que lui avait pu en être fasciné dès le second coup d'oeil. Et aujourd'hui, des années plus tard, à ce qui semblait être des siècles de Poudlard, voilà qu'elle faisait taire un orgueil qui l'avait pendant si longtemps animée, dictant le moindre de ses gestes et la moindre de ses conduites à son égard. Voilà qu'elle l'avait remercié, au nez et à la barbe du monde, profitant de l'obscurité pour que les apparences ne puissent mentir, et que seuls les coeurs soient mis à table pour parler. Il peinait à y croire — et pourtant, rien n'était plus vrai, et une part de lui le savait. Il n'arrivait juste pas à tirer un trait sur cette animosité presque logique et naturelle qui les avait opposés toute leur jeunesse. Et c'était presque comme si, en cet instant, alors que la McKinnon baissait la garde, la simple idée de faire de même signait la fin d'une ère qu'il ne voulait pas voir se terminer. Les méandres d'une innocence adolescente et insouciante qu'il se battait pour conserver, et pour afficher jour après jour. Refusant d'admettre qu'ils avaient grandi, et que la guerre les avait plus changés qu'ils ne pourraient jamais le rattraper, ou même se l'avouer. Marlene avait finalement adopté la position que lui, après toutes ces années, fuyait toujours comme la peste. Et il avait toujours eu l'impression qu'ils l'évitaient ensemble, cet appel à grandir ; que leurs tensions inexplicables et stupides sauvaient ce qui restait des enfants autrefois assis autour d'une table à Poudlard. Mais maintenant qu'elle baissait la garde, elle était son dernier espoir qui s'écroulait. Sa dernière tentative de fermer les yeux sur le monde qui s'effondrait. Et il n'y avait plus d'autre choix que d'admettre les faits — admettre la vérité, et l'impact que leurs quotidiens marquaient au fer rouge sur leurs âmes.

Ç'avait été une ultime pirouette de sa part ; mais cette fois, elle ne l'avait pas laissé s'en tirer. Violemment, elle l'avait rappelé à l'ordre, d'un ton sec face auquel il ne put que se sentir légèrement piqué au vif. Il n'avait pas envie d'écouter ce qu'elle avait à lui dire, pas envie d'être forcé à regarder en face cette horreur à laquelle il l'avait arrachée, et qui le hantait lui aussi chaque foutue nuit depuis. Mais elle n'avait pas non plus l'intention de lâcher le morceau. L'air bien décidée à le faire accepter ce qu'elle avait peut-être mis des mois à rassembler et à façonner. Des remerciements qu'il n'aurait voulu jamais avoir à entendre. Des foutues politesses respectueuses qui rappelaient, inéluctablement, que tous étaient morts. Tous, sauf elle.

Et il détourna les yeux alors qu'elle s'attaquait à ce qu'il ne voulait pas entendre, sans lui laisser le moindre répit. M'parle pas de moi. M'parle pas de ce que je sais déjà. Ses yeux étaient retournés se vriller sur les restes de son muffin, qu'il n'avait pourtant plus le coeur à manger. Un regard fuyant, mais pas par désintérêt ; par pure envie d'esquiver un coup d'oeil qu'il ne savait que trop perçant. Et il écoute tout ce qu'elle a à lui dire, laisse encore quelques phrases s'évader dans la pénombre avant de tourner à nouveau le menton vers elle. Un micro silence qui embrasse l'air, avant qu'elle ne conclue, sans appel sur le comportement qu'il se devait désormais d'adopter. Fini d'fuir, fini d'jouer.

Et alors, c'est à son tour de laisser passer un ange. D'attendre que le courage et les mots ne s'instillent dans son coeur et entre ses lèvres. Sa première réponse est machinale, alors qu'il a un minuscule sourire stupide et enfantin qui s'affiche sur les lèvres, haussant les sourcils et écarquillant les yeux comme un gamin acculé et incapable de rebrousser chemin. « ... De rien. » Y a une lueur d'interrogation dans sa voix — pourtant, ce n'est pas une question. Simplement la réaction qu'on attendait de lui, et sans laquelle, il le savait, il lui serait incapable de quitter cette pièce entier. Pourtant, marcher dans les pas de Marlene ne lui convient pas plus longtemps. Et il soupire, détournant les yeux quelques instants, sans se départir du cadavre de son sourire. « Ok, qu'est-ce que tu veux que je te dise, au juste ? » Ses doigts tapent tout doucement le bord du comptoir, alors que son regard revient dans celui de la McKinnon. « Je respecte ton choix. J'accepte tes remerciements. » Il s'enfonçait, et il le savait. La situation le gênait, sans qu'il ne parvienne à se l'expliquer. Pinçant quelques instants les lèvres, il poursuivit cependant : « J'ai jamais dit que t'oubliais ce que Kyle a fait. Mon point, c'est simplement que... » Un haussement d'épaules légers, sans détourner une seule seconde ses yeux de ceux de la sorcière. « Si tu commences à m'remercier chaque fois que j'viens pour t'aider, on n'est pas sortis du bois. » Parce que crois-moi, c'était peut-être la première, mais j'ai pas l'intention que ce soit la dernière. « Remercie pas les vivants. Laisse les morts en profiter à leur place. Eux ont fait ce qui devait être fait, et ont fini de boucler la boucle. Tu peux les remercier sans avoir à t'y reprendre. » Ses bras se croisèrent, alors qu'il s'appuyait dos au comptoir, sur une seule jambe, le bout de son autre pied planté sur le sol. Ses yeux ne lâchaient pas la jeune femme, alors que son sourire se faisait un peu plus franc — mais tout sauf insolent. « De rien, Marlene. Très sincèrement. Mais... » Une petite pause, une petite moue trahissant l'évidence. Ça change rien. Un léger soupir, alors qu'un petit regain d'énergie lui fait hocher la tête, et qu'il plante à nouveau son regard fermement dans le sien. « ... Ok. On va faire un truc. » Doucement, il marqua une pause. Son coup au bout des lèvres, prêt à formuler quelques mots bien pesés. « Va pour les merci et les de rien si t'en as envie. Mais mettons-nous d'accord d'jamais perdre de temps avec les s'il te plait. » Et si le ton avait pu être badin et léger pendant qu'il proférait ces quelques mots, le regard qu'il soutenait maintenant était, lui, tout sauf évasif et amusé. Et sa voix se calma davantage alors qu'il laissait tomber sa conclusion, évidente et mesurée. « Quand on est mort, y a plus d'prières à exaucer. » Plus sincère et sérieux que jamais, il la dévisageait — peu intimidé par sa colère, ou ses éventuelles envies de le gifler. Quand bien même elle aurait explosé, peu lui importait ; l'intention y était. Et si elle voulait se cacher à nouveau derrière sa fierté, libre à elle. Mais en ce qui le concernait, sa décision était prise depuis bien longtemps déjà. Mots doux inutiles ou pas, louanges ou ingratitudes, il s'en foutait : tant qu'il serait en vie pour s'interposer, rien ni personne ne tomberait sur le coin de joli nez qu'il avait, depuis le temps, appris à chérir autant qu'à détester.

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GOTTA RAISE A LITTLE HELL / Young blood, run like a river, Young blood, never get chained. Young blood, heaven need a sinner — You can't raise hell with a saint. Young blood, came to start a riot — Don't care what your old man say. Young blood, heaven hate a sinner, But we gonna raise hell anyway. – dorothy.

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MessageSujet: Re: - way down we go. (blackinnon)   Ven 16 Sep - 11:54

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Marlene se savait bornée – c’était un trait de son caractère qu’elle n’avait jamais renié, et même duquel elle était fière. On ne lui marchait pas sur les pieds et on ne lui faisait pas changer d’avis une fois qu’elle était décidée – n’importe qui qui la connaissait le moindrement le savait. Le seul problème était que Sirius était aussi borné qu’elle, et se faire entendre avec lui avait toujours été incroyablement difficile. Leurs deux caractères avaient toujours été en clash l’un contre l’autre, depuis cette première rencontre à Poudlard jusqu’à ce jour-là dans la cuisine des Potter. Aucun n’avait jamais laissé l’autre gagner, l’idée de perdre quelconque bataille trop difficile pour l’orgueuil, et c’était donc un combat sans relâche qu’ils s’étaient menés pendant toutes ces années. Marlene, pendant un instant, avait baissé les armes – avait laissé la noirceur de la cuisine l’envahir, et avait parlé, le laissant pour une fois gagner. Et voilà qu’il réfutait, encore et encore, comme s’il refusait la victoire autant que l’échec – et Marlene commençait sérieusement à s’impatienter, sa léthargie nocturne presque complètement disparue alors que sa conversation avec Sirius tanguait doucement vers la dispute – clairement, c’était inévitable entre eux. Elle voulait qu’il comprenne qu’elle ne l’avait pas remercié par gentillesse ou par défaut, mais bien parce qu’elle en avait eu envie et besoin. Et elle crut bien pendant un instant qu’il pouvait avoir compris, alors qu’elle avait prononcé ses mots finaux avec une fermeté qui aurait claqué le bec à n’importe qui d’autre – mais c’était Sirius Black qui se tenait devant elle, et pas n’importe qui. Et alors qu’un petit sourire étira ses traits et qu’il prononça son « de rien » comme une blague, Marlene ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel, laissant échapper un soupir exaspéré. Sans doute que ça avait été stupide de s’attendre que Sirius allait simplement hôcher de la tête et repartir sur un autre sujet – borné, tout comme elle. Il n’allait pas lâcher l’affaire tout comme elle ne l’aurait jamais fait – pas tant qu’elle n’aurait pas eu le dernier mot. Mais peut-être qu’un dernier mot était impossible entre eux.

« Ok, qu’est-ce que tu veux que je te dise, au juste ? » Secouant toujours la tête, elle observait Sirius comme le dernier des imbéciles, de la même manière qu’elle l’avait regardé quand ils avaient eu onze ans et qu’il faisait des batailles de nourriture à la table des Gryffondor. « Je respecte ton choix. J’accepte tes remerciements. » Un autre soupir s’échappa de ses lèvres, et elle eut soudainement envie de gifler Sirius de toutes ses forces. Clairement ça ne servait à rien de tenter de la raisonner – et Marlene se sentait soudainement vraiment idiote d’avoir cru pouvoir avoir une conversation honnête et mature avec lui. « J’ai jamais dit que t’oubliais ce que Kyle a fait. Mon point, c’est simplement que… » Elle garda ses yeux bien rivés dans les siens, plantée sur ses deux pieds, les bras croisés – oui, Sirius, c’est quoi ton point ? Elle commençait sérieusement à être en colère, et à vouloir le remettre bien à sa place. « Si tu commences à m’remercier chaque fois que j’viens pour t’aider, on n’est pas sortis du bois. » La mâchoire de Marlene se relâcha, alors qu’elle jeta à Siris un regard éberlué. « Pardon ?! » laissa-t’elle tomber, incapable de le retenir. Mais qu’est-ce qu’il voulait dire par là ? Qu’est-ce qu’il insinuait ? Elle n’était pas une demoiselle en détresse, et Sirius n’était pas le prince charmant appointé pour venir la sauver à chaque fois qu’elle allait avoir des ennuis – elle pouvait très bien se sauver toute seule. Noël avait été une exception, et Marlene comptait bien faire en sorte que ça ne se reproduise jamais. Que Sirius insinue qu’elle avait nécessairement besoin d’être sauvée la piqua au vif – surtout, qu’elle aurait très certainement besoin de lui. Elle ouvra la bouche pour laisser un flot d’insultes couler, mais alors Sirus reprit la parole, la laissant muette avec le sang bouillant dans les veines. Cette soudain élan de sagesse la laissa stupéfaite, l’empêchant de laisser libre court à l’insulte qu’il venait de faire à sa fierté. « … Ok. On va faire un truc » dit-il soudainement, ramenant Marlene sur terre. « Va pour les merci et les de rien si t’en as envie. Mais mettons-nous d’accord d’jamais perte de temps avec les s’il te plaît. Quand on est mort, y a plus d’prières à exaucer. »

La colère de Marlene s’écroula comme un château de sable, alors qu’elle gardait des yeux méfiants quoique stupéfaits sur Sirius. Tentant vainement de cacher sa surprise, elle ne trouva aucune réponse immédiate à ses paroles. Mais d’où sortait cette soudaine sagesse, cette soudaine philosophie ? Jamais de sa vie Marlene n’avait entendu Sirius parler de cette manière, et prononcer des mots qui lui donnait véritablement envie de réfléchir – d’habitude, ils lui donnaient davantage envie de le gifler. Mais pas cette fois, alors que le silence retomba soudainement dans la cuisine, que son sang reprit une température normale et que les battements de son coeur ralentirent. Elle avait envie de lui dire – mais bon sang, qu’avez-vous fait de Sirius Black ? Mais elle avait la gorge trop serrée pour dire quoique ce soit. Sourcils toujours froncés, elle continuait de regarder Sirius en le voyant soudainement comme quelqu’un qu’il n’avait jamais été – il lui semblait voir une toute autre personne, totalement inconnue à ce gamin qu’elle côtoyait depuis toutes ces années. Et c’était étrange – très étrange. Puis Marlene reprit sur elle, relevant la tête, plaçant ses cheveux derrière ses oreilles, inspirant profondément. « Bravo, Sirius. J’crois que c’est la première fois que j’t’entends dire quelque chose qui est pas profondément stupide. » Elle avait parlé sa méchanceté, mais plutôt avec une certaine taquinerie. Elle redevint sérieuse, plongeant son regard dans celui de son interlocuteur. Malgré la noirceur elle pouvait parfaitement voir la couleur de ses yeux. « On a un accord. Pas de s’il te plaît. Et tant qu’on y est, plus de merci non plus, ou de de rien, vu qu't'es incapable de les prendre comme une personne normale. » Un petit rire lui échappa, pas amusé du tout, simplement logique alors que la pensée lui traversa l’esprit. Ses cheveux lui picotait la nuque, alors qu’elle secoua la tête. « Au fond, arrêtons les politesses. Ça ne nous va pas très bien. » Malgré elle, un petit sourire se forma sur ses lèvres. « De toute manière faudrait bien me passer sur le corps avant que j’te supplie pour quoi que ce soit. »
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